Civil war in Tigray: in Bora, a massacre allegedly perpetrated by the Ethiopian army
By: Sébastien Németh
16 July 2024
It is a massacre that few people have heard of. In early 2021, in Tigray, in northern Ethiopia, the federal army reportedly committed a massacre in Bora. Located in the south of the province, the city was reportedly attacked by federal soldiers who executed dozens of residents, possibly 170 to 180 dead.
From our special correspondent in Bora, Tigray,
Yirga Adom has refused to return to Bora since fleeing the city for Mekele, the capital of Tigray. It was January 8, 2021, a dark day etched in his memory: “A militia confronted federal soldiers and won. Then the army arrived with 40 trucks and fired on civilians. The military ordered the killing of all men over the age of 7. He recalls: “I heard some people shouting, ‘Kill them!’ Shoot them down without mercy!” I can still hear the sound of gunfire. I try to forget by drinking, by going to church, but the image of these people is still in my head. »

120 km to the south, Bora is still haunted by the killings. A local manager, Asseo Tefere stops at a dirt square at the foot of a tree. The soldiers there are said to have executed 30 people on the day of the massacre: “They took young people, farmers, teachers, accusing them of being rebels. They brought them here and killed them. And the horror continues: “The military prevented us from burying the bodies for days. The corpses rotted and the scavengers came to eat them. These criminals should be tried and convicted of genocide.“
But in the course of the conversation, the man reveals that he belonged to the militia that fought the soldiers the day before the massacre and which would be the trigger for the bloodbath: “The soldiers wanted to know who the militiamen were. No one revealed the names, so they locked women and children in a house. We decided to fight back and we gained the upper hand. But I have no regrets. From the beginning, when they took our families, we knew what was going to happen. We had to fight.”

In Bora, a macabre door-to-door campaign and demands for justice
In their murderous rampage, the soldiers are said to have gone door-to-door in a macabre manner, shooting residents house after house. Burho Mogus was left traumatized after witnessing her brother being executed outside their home:
“His name was Kal Ayu. Three soldiers came to our house and accused him of being a rebel. They took him out and shot him with AK47. Afterwards, they told us that we were not allowed to cry… »
She continues, angrily:
“These are the cruelest people there are. If they were in front of me, I would kill them all. My mother continues to mourn the death of her son.“
Negus Mara Berhe is a teacher. He was in his brother’s shop when the attack began:
“The soldiers were based at the high school. They arrived very angry and killed my brother with a sniper rifle, shooting him in the chest. He was just a simple shopkeeper. I am now seeking justice and compensation.”

Source: RFI
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Original article in French
Guerre civile au Tigré: à Bora, un massacre qui aurait été perpétré par l’armée éthiopienne
Publié le : 16/07/2024 – 00:04
C’est un massacre dont peu de gens ont entendu parler. Début 2021, au Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, l’armée fédérale aurait commis un massacre à Bora. Située au sud de la province, la ville aurait été attaquée par des soldats fédéraux qui auraient exécuté des dizaines d’habitants, possiblement de 170 à 180 morts.
De notre envoyé spécial à Bora, dans le Tigré,
Yirga Adom refuse de retourner à Bora depuis qu’il a fui la ville pour Mekele, la capitale du Tigré. C’était le 8 janvier 2021, un jour sombre gravé dans sa mémoire : « Une milice a affronté les soldats fédéraux et l’a emporté. Ensuite, l’armée est arrivée avec 40 camions et a tiré sur les civils. Les militaires ont ordonné de tuer tous les hommes de plus de 7 ans. » Il se rappelle : « J’en ai entendu crier : “Tuez-les ! Abattez-les sans pitié !” J’entends encore le bruit des tirs. J’essaie d’oublier en buvant, en allant à l’église, mais l’image de ces gens est encore dans ma tête. »
120 km au Sud, Bora est toujours hantée par la tuerie. Responsable local, Asseo Tefere s’arrête sur une place de terre au pied d’un arbre. Les soldats y auraient exécuté 30 personnes le jour du massacre : « Ils ont pris des jeunes, des fermiers, des enseignants, les accusant d’être des rebelles. Ils les ont amenés ici et les ont tués. » Et l’horreur continue : « Les militaires nous ont interdit d’enterrer les corps pendant des jours. Les cadavres pourrissaient et les charognards venaient les manger. Ces criminels devraient être jugés et condamnés pour génocide. »
Mais au détour de la conversation, l’homme révèle qu’il appartenait à la milice ayant combattu les soldats la veille du massacre et qui serait l’élément déclencheur du bain de sang :« Les soldats voulaient savoir qui étaient les miliciens. Personne n’a révélé les noms, alors ils ont enfermé des femmes et des enfants dans une maison. Nous avons décidé de nous battre et nous avons pris le dessus. Mais je ne regrette rien. Dès le début, en prenant nos familles, nous savions ce qui allait se passer. Il fallait qu’on se batte. »
À Bora, un porte-à-porte macabre et des demandes de justice
Dans leur folie meurtrière, les soldats auraient pratiqué un porte-à-porte macabre, abattant des habitants maison après maison. Burho Mogus a le visage marqué après avoir vu son frère exécuté devant chez elle : « Il s’appelait Kal Ayu. Trois soldats sont venus chez nous et l’ont accusé d’être un rebelle. Ils l’ont sorti et l’ont abattu à l’AK47. Après, ils nous ont dit que nous n’avions pas le droit de pleurer… » Elle poursuit, en colère : « Ce sont les gens les plus cruels qui soient. S’ils étaient en face de moi, je les tuerais tous. Ma mère continue de pleurer la mort de son fils. »
Negus Mara Berhe est enseignant. Il se trouvait dans la boutique de son frère lorsque l’attaque a commencé : « Les soldats étaient basés dans le lycée. Ils sont arrivés très en colère et ont tué mon frère d’une balle dans la poitrine tirée par un fusil sniper. Alors que c’était un simple marchand. J’attends maintenant une justice et des compensations. »
Source: RFI
