Tigray Civil War: Ethiopian Soldiers Allegedly Committed Stoning Killings
Published: July 15, 2024 – 7:15 PM
Updated: July 18, 2024 – 3:20 PM
By our special correspondent, returning from Mayhaydi, Sébastien Nemeth
This is a crime that had never before been revealed to the public. During the Tigray civil war, Ethiopian soldiers are alleged to have carried out killings by stoning.
The conflict pitted Tigray, a region in northern Ethiopia, against the federal government for two years, ending with the November 2022 peace agreement in Pretoria. The war is believed to have claimed as many as 600,000 lives, according to the African Union (AU). Some experts also suspect that genocide was committed. Even today, however, the full extent of the atrocities remains unknown. In an exclusive report, RFI documented the deaths of ten civilians by stoning in the village of Mayhaydi in early 2021.
That’s how they did it… They lifted the stones and smashed their heads with them.
With a grim gesture, Meles Gebregorgis reenacts how Ethiopian soldiers, who had come out of the military base located across from the village, stoned eleven villagers. Hidden behind a tree, he witnessed the entire scene:
The civilians were carrying a pregnant woman who was about to give birth. An ambulance took her away, but then about fifty soldiers arrived and surrounded the villagers. The soldiers accused them of being rebels. The civilians tried to reason with them. A priest even held up his cross. But the soldiers threw stones at them. They even continued attacking the bodies, as if killing them a second time. It shocked me. I had never seen such a crime. I still have nightmares about it. I’m so afraid of encountering soldiers that I no longer dare to travel.
“The More We Investigate, the More Shocking Cases We Find”
The Commission of Inquiry on Genocide visited the site. Investigators interviewed victims’ families, local residents, and located a survivor.
The soldiers said they didn’t want to waste their bullets. In other words, they believed the lives of these civilians were worth less than that. It demonstrates the depth of their hatred. Culturally, stoning is something we had never seen before. But during the war, new forms of violence emerged. The more we investigate, the more shocking cases we uncover.
—Gebremeskel Hailu, one of the investigators.
Investigators found bloodstains and the victims’ graves. However, the commission lacks sufficient resources, particularly technical capabilities, and is calling on the international community for support.
Source: RFI
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Original article in French
Guerre civile au Tigré: des crimes par lapidation auraient été commis par des soldats éthiopiens
C’est un crime qui n’avait jamais été révélé au public. Durant la guerre civile au Tigré, des soldats éthiopiens se seraient rendus coupables d’actes de lapidation.
Publié le : 15/07/2024 – 19:15Modifié le : 18/07/2024 – 15:20
Avec notre envoyé spécial, de retour de Mayhaydi, Sébastien Nemeth
Le conflit a opposé, pendant deux ans, le Tigré, région du nord de l’Éthiopie au pouvoir fédéral, jusqu’à l’accord de paix de novembre 2022 à Pretoria. Une guerre sanglante qui pourrait avoir fait jusqu’à 600 000 morts, selon l’Union africaine (UA). Des experts soupçonnent aussi un génocide. Or aujourd’hui encore, on ne connaît pas toutes les atrocités commises. Dans un reportage exclusif, RFI, a pu documenter la mort par lapidation de dix civils dans le village de Mayhaydi, début 2021.
C’est comme ça qu’ils faisaient… Ils soulevaient les pierres et fracassaient leurs têtes avec.
Dans un mouvement macabre, Meles Gebregorgis refait le geste meurtrier des soldats éthiopiens, sortis de la base militaire, située en face, pour lapider onze villageois.
Caché près d’un arbre, l’homme a tout vu de la scène : « Les civils portaient une femme enceinte sur le point d’accoucher. Une ambulance l’a emportée, mais une cinquantaine de soldats ont ensuite débarqué et ont encerclé les villageois. Les militaires les ont accusés d’être des rebelles. Les civils ont tenté de discuter. Un prêtre a même brandi sa croix. Mais les soldats ont jeté des pierres sur eux. Ils se sont même acharnés sur les cadavres, comme les tuer une seconde fois. Ça m’a choqué. Je n’ai jamais vu un crime pareil. J’en fait encore des cauchemars. J’ai tellement peur de tomber sur des soldats que je n’ose même plus voyager. »
« Plus on enquête, plus nous rencontrons des cas de plus en plus choquants »
La commission d’enquête sur le génocide est venue sur place. Elle a interrogé les familles, les riverains et un survivant a été retrouvé.
« Ces soldats ont dit qu’ils ne voulaient pas gâcher leurs balles. Sous-entendu, la vie de ces civils valait moins que ça. Ça montre leur haine profonde. Culturellement, la lapidation, c’est du jamais vu. Mais pendant la guerre, on a vu apparaître de nouvelles pratiques. Plus on enquête, plus nous rencontrons des cas de plus en plus choquants », précise Gebremeskel Hailu, un des enquêteurs.
Les enquêteurs ont retrouvé des traces de sang et les tombes. Mais la commission manque de moyens, notamment techniques. Elle demande le soutien de la communauté internationale.
